Chaque jour, je proposerai la définition d'un mot ou une expression nouvelle, selon mon inspiration, l'actualité ou les difficultés rencontrées sur un terme.
Blague à part (voir ici) je vais répondre au défi de l'association "Les Albrans" qui est de vous parler de l'expression :
Haro sur le baudet !
Et finalement, cela tombe bien puisqu'il s'agit d'un terme ancien, du moyen age même, certains diront désuet, il est pourtant si intéressant !
En effet, le mot haro qui ne s'emploi plus aujourd'hui que dans l'expression "haro sur…" a eut dans le passé plusieurs usages.
Haro !
Au XIVe siècle, ce mot servait à exciter les chiens au cours d'une chasse, lorsque le gibier était surpris et que les canidés devaient le poursuivre.
Au XIIIe siècle, il était employé pour marquer la fin d'une foire ou bien la fin de la vente d'une denrée.
Au XIIe siècle, c'était un cri poussé par une personne qui se faisait agresser, ce qui donnait le droit et le devoir aux témoins et voisins de secourir l'infortuné et de capturer le coupable.
C'est d'ailleurs de cette utilisation du XIIe siècle que vient le sens de cette expression.
On y désignait en effet un coupable devant les autres personnes présentes.
Jean de la Fontaine rendit célèbre l'expression, dans la fable "Les animaux malades de la peste" dont voici un extrait :
[…]
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
[…]
La clameur de haro
Cri poussé par la victime d'un flagrant délit pour attirer l'attention.
Désignait une protestation légale et suspensive ayant cours autrefois en Normandie, et de nos jours aux îles Anglo-Normandes.
On sommait quelqu’un de comparaître sur-le-champ devant un juge pour se plaindre en justice par action civile du dommage que l’on affirmait avoir souffert.
Crier haro